Principaux enjeux:
La sécurité sociale de l'alimentation (SSA) est un projet qui transpose à l'alimentation le modèle de la Sécurité sociale de 1945. Le principe est de cotiser selon ses moyens et d'accéder selon ses besoins. Chaque personne disposerait d'une allocation mensuelle dédiée à l'alimentation, gérée démocratiquement par les habitants, les producteurs et les acteurs de terrain. Les « caisses alimentaires » locales sont la forme concrète de ces expérimentations.
À Paris, l'expérimentation a démarré avec un budget initial de 300 000 € dans trois arrondissements dès septembre 2024 : les 14e, 18e et 20e. Une centaine de foyers reçoivent une somme mensuelle à dépenser dans des commerces partenaires. Chaque bénéficiaire cotise selon ses revenus, et des subventions publiques financent le reste. D'autres villes mènent des projets comparables, comme Montpellier, Toulouse ou Marseille.
Le sujet est aussi national. En octobre 2024, les député·es écologistes ont déposé une proposition de loi d'expérimentation. Elle prévoit de tester la SSA pendant cinq ans dans une vingtaine de territoires, avec des caisses locales pilotées par des « parlements de l'alimentation ». Un amendement au projet de loi de finances 2026 visait lui aussi à permettre l'expérimentation de dispositifs de SSA pendant 5 ans. Un colloque s'est tenu à Paris le 3 octobre 2026. Il portait sur le passage de l'expérimentation à la décision politique.
L'enjeu est de lutter contre la précarité alimentaire. Il s'agit aussi de soutenir les agriculteurs et une agriculture locale durable. Plus de cinq millions de personnes dépendent de l'aide alimentaire.