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Les servitudes d'utilité publique (SUP) sont des restrictions au droit de propriété, instituées dans l'intérêt général. Dans le domaine des digues, elles reposent sur le code de l'environnement (articles L. 566-12-1 et suivants). Elles permettent au gestionnaire d'un système d'endiguement d'accéder aux ouvrages, de les entretenir, de les surélever et de les surveiller. Elles peuvent aussi limiter certains usages ou aménagements à proximité. Leur instauration passe par une enquête publique et une enquête parcellaire. Cette seconde enquête identifie les propriétaires concernés, ce qui garantit la transparence de la procédure et le respect de leurs droits.
La compétence GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) est exercée par les intercommunalités depuis le 1er janvier 2018. Bordeaux Métropole l'exerce sur son territoire. Elle est responsable des ouvrages de protection, qu'elle déclare sous la forme de « systèmes d'endiguement ». Ces systèmes doivent faire l'objet d'une autorisation administrative et respecter des exigences de sûreté, avec des études de danger et un niveau de protection défini. Le décret « digues » de 2015 encadre cet ensemble.
La presqu'île d'Ambès est un territoire estuarien situé au confluent de la Garonne et de la Dordogne, où elle forme le Bec d'Ambès. Elle est très exposée aux submersions, par exemple lors de la tempête Martin de 1999. Beaucoup de digues y datent de plusieurs décennies et doivent être restaurées ou rehaussées, ce qui devient plus urgent avec la montée du niveau de la mer. Maîtriser le foncier et les accès sur ces digues est donc une condition pour programmer des travaux de long terme. Ces travaux protègent des habitants, des activités industrielles et portuaires, ainsi que des terres agricoles.